POINT DE VUE


 

Gyula Zaránd s’initie à la photographie dès l’âge de 15 ans, sur les traces de son grand-père et de ses deux parents, tous photographes. Il obtient son diplôme de l’École de photographie de Budapest en 1963 où il suit les enseignements de Demeter Balla puis poursuit sa formation à l’École supérieure de journalisme. Il débute comme reporter au magazine Tükör dont le directeur le choisit pour accompagner Henri Cartier-Bresson pendant son voyage d’une dizaine de jours à Budapest en 1966.

Le jeune journaliste commence par photographier, dans sa ville natale, la vie de tous les jours puis en vient à s’intéresser aux malaises politiques et sociaux qui traversent la Hongrie après 1956. Gyula Zaránd a souvent été censuré et certaines de ses images, considérées comme subversives – enfants des rues, parades militaires, mendiants – n’ont à l’époque jamais été publiées dans son pays. L’artiste quitte alors la Hongrie en 1971 pour venir à Paris où il se passionne pour l’originalité de la ville, la singularité des quartiers, monuments et habitants.

Le jeune hongrois y retrouve Henri Cartier-Bresson qui l’encourage de ses conseils et l’introduit dans la communauté des photographes parisiens. Le nom de Gyula Zaránd vient alors compléter la liste des photographes hongrois venus faire carrière à Paris : Brassaï, Kertész, Capa…

Bien plus qu’un photographe, Gyula Zaránd était un reporter humaniste. Il conservera toute sa vie cette envie d’aborder et de documenter le quotidien des gens simples avec une perspective sociale et politique forte. L’exposition Budapest-Paris 1963-2001 offre l’occasion de redécouvrir un artiste important, témoin de son temps, grand amoureux de la France et dont les photographies sont autant les témoins que les outils d’une mémoire européenne collective.