JULIEN-ARNAUD CORONGIU

C’est comme si je n’existais plus 

« Lauréat du Prix Pierre David-Weil de l’Académie des Beaux-Arts de Paris en 2022, l’artiste interroge l’identité et de la place de l’homme dans un monde traversé par les guerres et les conflits.

Avec son récent corpus intitulé C’est comme si je n’existais plus, l’artiste s’intéresse au déterminisme, à l’exclusion et à l’asservissement de l’individu. Le personnage du soldat dans son uniforme lui fournit une puissante métaphore de la neutralisation de l’identité. L’histoire de l’Europe, la conscription des populations dans les dernières guerres mondiales, amènent Julien-Arnaud Corongiu à replacer l’humain, dans toute son individualité, au cœur de sa pratique.

L’exposition présente un ensemble de portraits à l’aquarelle, ainsi que des dessins à l’encre et au fusain, sur papier. L’artiste s’inspire principalement d’images d’archives, parfois trouvées sur internet, pour dresser le portrait d’inconnus. Il explique que : « La figure humaine, centrale, semble perdue, contrainte, retenue par quelque chose dans un entre-deux chaotique sans réels repères spatio-temporels. Elle est présente sans y être réellement, déjà sur le départ. » Les couleurs vives qu’il emploie créent un paradoxe visuel puissant qui permet d’évoquer, pour l’artiste « la mémoire et la dissolution des corps dans l’espace ». Les fusains, quant à eux, expriment avec plus de noirceur l’ambivalence entre apparition et disparation des corps. »

Olivier Waltman
Septembre 2022


Point de vue

« Mon travail se porte essentiellement sur la question de l’identité et du rapport de l’individu au monde. Il peut également s’articuler autour d’une forme plus sociale, par les notions de déterminisme, d’exclusion et d’asservissement. J’évoque également la mémoire et la dissolution des corps dans l’espace. L’uniforme, de par son aspect interchangeable et universel, questionne quant à lui le rapport à l’identité et son annulation.

Les images que j’utilise, allant de la figure du soldat, de photos personnelles, ou encore de captures d’écran, témoignent selon moi d’une forme de renoncement, d’un certain fatalisme.

La figure humaine, centrale, semble perdue, contrainte, retenue par quelque chose dans un entre-deux chaotique sans réels repères spatio-temporels. Elle est présente sans y être réellement, déjà sur le départ. »

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