Comme tout le monde j’ai voulu vivre

La galerie est heureuse d’annoncer la deuxième exposition personnelle de Julien-Arnaud Corongiu dans son espace de Saint-Germain-des-Prés, du 2 au 30 mars 2024. Intitulée « Comme tout le monde, j’ai voulu vivre », cette nouvelle série d’œuvres composée d’encres, de fusains et d’acryliques sur papier et sur toile se présente comme une œuvre introspective et autobiographique.

L’artiste déclare : « Voilà une partie de ma vie que je vous offre à présent », et crée une galerie de portraits de personnages solitaires. Les silhouettes, étreignant des êtres chers et disparus, sont imprécises et diaphanes, la tête baissée et le dos voûté, illustrant les thèmes du deuil, de la mélancolie et de l’absence. En contraste avec cette gravité du propos, la palette de couleurs se veut explosive : « Les couleurs choisies adoucissent ces sujets graves. La dualité entre la palette et le motif est centrale dans ma pratique. Ma grande admiration, jeune, pour le fauvisme ne cesse de résonner dans mon travail. »

Julien-Arnaud Corongiu présente une exposition profondément personnelle et cathartique, soulignant que même après les moments les plus difficiles de la vie, il est possible de choisir de continuer à vivre. Les bouquets de fleurs blanches, inachevées, pures et étincelantes, travaillées en réserve, fonctionnent comme une puissante métaphore dialectique : elles évoquent autant le deuil que les sentiments que l’on déclare. Contrebalançant notre condition humaine, l’artiste défend la possibilité, souvent intériorisée, d’exprimer ses émotions.

« Comme tout le monde, j’ai voulu vivre » est une mise à nu de la psyché du jeune artiste, oscillant entre questionnement existentiel et une authentique aspiration au bonheur.

Olivier Waltman
Mars 2024

 

C’est comme si je n’existais plus 

« Lauréat du Prix Pierre David-Weil de l’Académie des Beaux-Arts de Paris en 2022, l’artiste interroge l’identité et de la place de l’homme dans un monde traversé par les guerres et les conflits.

Avec son récent corpus intitulé C’est comme si je n’existais plus, l’artiste s’intéresse au déterminisme, à l’exclusion et à l’asservissement de l’individu. Le personnage du soldat dans son uniforme lui fournit une puissante métaphore de la neutralisation de l’identité. L’histoire de l’Europe, la conscription des populations dans les dernières guerres mondiales, amènent Julien-Arnaud Corongiu à replacer l’humain, dans toute son individualité, au cœur de sa pratique.

L’exposition présente un ensemble de portraits à l’aquarelle, ainsi que des dessins à l’encre et au fusain, sur papier. L’artiste s’inspire principalement d’images d’archives, parfois trouvées sur internet, pour dresser le portrait d’inconnus. Il explique que : « La figure humaine, centrale, semble perdue, contrainte, retenue par quelque chose dans un entre-deux chaotique sans réels repères spatio-temporels. Elle est présente sans y être réellement, déjà sur le départ. » Les couleurs vives qu’il emploie créent un paradoxe visuel puissant qui permet d’évoquer, pour l’artiste « la mémoire et la dissolution des corps dans l’espace ». Les fusains, quant à eux, expriment avec plus de noirceur l’ambivalence entre apparition et disparation des corps. »

Olivier Waltman
Septembre 2022


POINT DE VUE


« Mon travail se porte essentiellement sur la question de l’identité et du rapport de l’individu au monde. Il peut également s’articuler autour d’une forme plus sociale, par les notions de déterminisme, d’exclusion et d’asservissement. J’évoque également la mémoire et la dissolution des corps dans l’espace. L’uniforme, de par son aspect interchangeable et universel, questionne quant à lui le rapport à l’identité et son annulation.

Les images que j’utilise, allant de la figure du soldat, de photos personnelles, ou encore de captures d’écran, témoignent selon moi d’une forme de renoncement, d’un certain fatalisme.

La figure humaine, centrale, semble perdue, contrainte, retenue par quelque chose dans un entre-deux chaotique sans réels repères spatio-temporels. Elle est présente sans y être réellement, déjà sur le départ. »