POINT DE VUE


Les portraits de Richard Butler sont des tableaux qui hantent. Ils convoquent autant la technique classique que le slow motion et l’arrêt sur image, propre à la vidéo; par là-même ils brouillent toute distinction entre portrait traditionnel et pratique contemporaine. Depuis le début des années 2000, Butler peint presque exclusivement sa fille : «Quatre-vingt-dix pour cent des peintures que je fais sont basées sur des images de ma fille, généralement déformées d’une manière ou d’une autre», explique-t-il. Il développe un corpus de portraits intimes, presque sombres avec des éléments abstraits qui recouvrent une partie du visage: maquillages épais, masques, écran de confessionnal, voiles et linceuls, créent un labyrinthe d’états psychologiques que le spectateur est invité à traverser pour comprendre le sujet.

De fait, les tableaux de Richard Butler associent la mélancolie de la beauté classique à un état de rêve irréel où flotte comme un silence inquiétant. L’artiste affirme que « ce ne sont que des peintures…». Il considère ces portraits de sa fille comme d’authentiques autoportraits – un reflet sensible de sa “propre psyché”.